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<title>e-Scripta Romanica (2026) 14</title>
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<dc:date>2026-11-08T17:49:01Z</dc:date>
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<title>Du viol au drame de la « bonne mère » : corps traumatique, maternité impossible et silence dans Le malheur du bas d’Inès Bayard</title>
<link>http://hdl.handle.net/11089/59622</link>
<description>Du viol au drame de la « bonne mère » : corps traumatique, maternité impossible et silence dans Le malheur du bas d’Inès Bayard
Loska, Agnieszka
Le présent article analyse la représentation du viol et de ses conséquences dans Le malheur du bas d’Inès Bayard. Il défend l’hypothèse selon laquelle le viol ne constitue pas un événement ponctuel, mais une expérience traumatique qui se prolonge dans le corps, la maternité et la subjectivité de la victime. En s’appuyant sur les travaux de Cathy Caruth, l’étude montre que le traumatisme s’inscrit durablement dans le corps de Marie, la protagoniste du roman, et continue de se manifester bien après l’agression. La grossesse et la maternité, loin de favoriser une reconstruction de soi, réactivent la violence subie et transforment le corps maternel en lieu de persistance du traumatisme. En mobilisant les travaux de Sara Ahmed et d’Élisabeth Badinter, l’article se penche ensuite sur l’impossibilité de la relation maternelle, marquée chez la protagoniste par le rejet, la peur et l’absence d’amour. Enfin, sous le prisme des recherches de Shoshana Felman et Judith Butler, il montre que le silence de la protagoniste, tant choisi qu’imposé par des normes sociales, entrave son épanouissement en tant que mère et la pousse vers l’effondrement.; The present article analyzes the representation of rape and its repercussions in Inès Bayard’s novel Le malheur du bas. It is based on the hypothesis that rape is not a single event but a traumatic experience that continues to shape the victim’s body, motherhood, and subjectivity. Drawing on Cathy Caruth’s work, the article argues that trauma becomes inscribed in the body of Marie, the novel’s protagonist, and persists long after the assault itself. Pregnancy and motherhood, rather than offering a space for recovery, reactivate the violence she has endured and turn the maternal body into a site where trauma endures. Using the works of Sara Ahmed and Élisabeth Badinter, the article subsequently examines the impossibility of maternal bond, which is marked by rejection, fear, and the absence of maternal love. Finally, through the prism of Shoshana Felman’s and Judith Butler’s works, it shows that the protagonist’s silence, both chosen and imposed by social norms, precludes her from flourishing as a mother and leads to her collapse.
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<dc:date>2026-11-04T00:00:00Z</dc:date>
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<title>Corps en dérive, identité en devenir : une poétique du mouvement dans Amours et aventures de Sindbad le marin de Salim Bachi</title>
<link>http://hdl.handle.net/11089/59623</link>
<description>Corps en dérive, identité en devenir : une poétique du mouvement dans Amours et aventures de Sindbad le marin de Salim Bachi
Lakriti, Khaoula; Rahali, Ali
Cet article analyse Les Amours et aventures de Sindbad le marin de Salim Bachi en montrant comment le voyage y dépasse le simple déplacement pour devenir une expérience de transformation du sujet. À travers la figure de Sindbad, l’errance maritime apparaît comme un espace d’épreuve et de reconfiguration identitaire, où la mer agit comme lieu d’indétermination et de désancrage. L’étude met en évidence une subjectivité en devenir, marquée par l’exil, la mémoire et la fragmentation. Le parcours du protagoniste ne conduit pas à une identité stable, mais à une conscience mobile, façonnée par l’altérité et l’instabilité. Par ailleurs, les expériences amoureuses participent à une véritable cartographie du désir, où le corps devient un espace de connaissance et de transformation. Ainsi, loin de toute finalité, l’initiation se déploie comme un processus ouvert, faisant du mouvement la condition même de l’existence et le principe d’une subjectivité toujours inachevée.; This article analyzes The Loves and Adventures of Sindbad the Sailor by Salim Bachi, showing how travel transcends mere physical displacement to become an experience of subjective transformation. Through the figure of Sindbad, maritime wandering emerges as a space of trial and identity reconfiguration, where the sea functions as a site of indeterminacy and uprooting. The study highlights a subjectivity in the making, shaped by exile, memory, and fragmentation. The protagonist’s journey does not lead to a stable identity, but to a mobile consciousness formed through alterity and instability. Furthermore, amorous experiences contribute to a true cartography of desire, in which the body becomes a space of knowledge and transformation. Thus, far from any fixed endpoint, initiation unfolds as an open-ended process, making movement the very condition of existence and the principle of an ever-unfinished subjectivity.
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<dc:date>2026-11-04T00:00:00Z</dc:date>
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<title>L’oralité mise en bande dessinée : les usages non standard dans La Vie secrète des jeunes de Riad Sattouf</title>
<link>http://hdl.handle.net/11089/59626</link>
<description>L’oralité mise en bande dessinée : les usages non standard dans La Vie secrète des jeunes de Riad Sattouf
Bobińska, Anna
La Vie secrète des jeunes (2004-2012) est une bande dessinée française en trois volumes, créée par Riad Sattouf et initialement publiée à un rythme hebdomadaire dans Charlie Hebdo. Sur le plan formel, cette œuvre s’apparente à une chronique de la vie urbaine, au sein de laquelle l’auteur porte un regard tour à tour comique et caricatural sur le quotidien fait de rencontres, de micro-événements, de conversations majoritairement triviales saisies dans les espaces publics. À travers ces brèves scènes, Sattouf esquisse un portrait vivant de la société française, en s’attachant aux pratiques langagières et aux interactions sociales des individus ordinaires. Sur le plan langagier, Sattouf recourt à des formes de communication caractéristiques de la culture des jeunes, dont le langage texto, érigé en véritable procédé d’écriture.Cette étude se propose d’examiner l’ensemble des moyens linguistiques et stylistiques mobilisés par l’auteur afin de mieux contextualiser les protagonistes et de restituer la spécificité de leurs interactions verbales. L’analyse portera à la fois sur la structure du récit bédéistique ainsi que le lexique. Cette démarche permettra également d’interroger les motivations qui sous-tendent la réinvention linguistique au sein de l’univers fictionnel de Sattouf.; La Vie secrète des jeunes (2004-2012) is a three-volume French comic series created by Riad Sattouf and originally published weekly in Charlie Hebdo. Formally, the work takes the shape of a chronicle of contemporary urban life, in which the author offers by turns a comic and caricatural perspective on everyday situations shaped by encounters, fleeting events, and largely trivial conversations overheard in public spaces. Through these brief episodes, Sattouf constructs a vivid portrait of French society, paying particular attention to the language and social interactions of ordinary people. From a linguistic perspective, Sattouf draws on forms of communication typical of youth culture, particularly text messaging language, which he treats as a fully-fledged writing practice.This study examines the range of linguistic and stylistic devices employed by the author to better contextualize the protagonists and capture the specificity of their verbal interactions. The analysis focuses on the structure of the comic narrative and its vocabulary. More broadly, it explores the motivations underlying the processes of linguistic reinvention at work in Sattouf’s fictional universe.
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<dc:date>2026-11-04T00:00:00Z</dc:date>
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<title>« Tout tenir ensemble » : exigence esthétique et responsabilité politique dans les enquêtes littéraires de Joseph Andras</title>
<link>http://hdl.handle.net/11089/59624</link>
<description>« Tout tenir ensemble » : exigence esthétique et responsabilité politique dans les enquêtes littéraires de Joseph Andras
Botnari, Larisa
Notre article vise à analyser les enquêtes littéraires de l’écrivain Joseph Andras, au regard de leur double aspiration : vers la justice politique et sociale, d’une part, à travers une restitution fidèle du combat politique d’individus et de communautés marginalisés ; vers la beauté stylistique, d’autre part, grâce à une écriture attentive aux sonorités du langage, à la musicalité de l’expression, qui lui confèrent des accents lyriques. Par une démarche associant l’approche sociocritique à la stylistique, nous étudierons dans un premier temps la posture littéraire et médiatique de l’écrivain, pour passer ensuite à l’analyse de la poétique à l’œuvre dans ses récits, ces deux aspects étant étroitement liés. Nous nous appuierons principalement sur les trois livres de Joseph Andras qui correspondent le mieux au modèle de l’enquête, tout en nous intéressant à ses apparitions publiques et à certains de ses entretiens dans la presse. L’hypothèse que nous souhaitons étayer dans ces pages est que les enquêtes littéraires de Joseph Andras portent non seulement sur des injustices en mal de réparation, mais répondent simultanément au besoin de rendre raison littérairement, voire poétiquement, d’une quête intérieure dont les enjeux n’en sont pas moins politiques.; Our article aims to analyze the literary investigations of the writer Joseph Andras, with regard to their dual aspiration: towards political and social justice, on the one hand, through a faithful rendering of the political struggles of marginalized individuals and communities; towards stylistic beauty, on the other hand, thanks to a writing style that is attentive to the sonorities of language and the musicality of expression, which lend it lyrical overtones. Combining a socio-critical approach with stylistics, we will first study the writer’s literary and media posture, before moving on to analyze the poetics at work in his narratives, as these two aspects are closely linked. We will rely primarily on the three books by Joseph Andras that best fit the model of the investigation, while also looking at his public appearances and selected press interviews. The hypothesis we wish to support in these pages is that Joseph Andras’s literary investigations not only focus on injustices in need of redress but simultaneously respond to the need to account, literarily, even poetically, for an inner quest whose stakes are nonetheless political.
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<dc:date>2026-11-04T00:00:00Z</dc:date>
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